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Dernier ajout : 20/11
Entre le millésime, le cépage et le nom du vin, il n'est pas toujours facile de s'y retrouver. Mode d'emploi pour ne pas se perdre dans les étiquettes
Choisir un vin se résume souvent à l'expérience. «Même pour un professionnel, lire une étiquette ne garantit pas de faire le bon choix», souligne le sommelier Alain Rosier. Pourtant, en s'attardant dessus, certaines informations permettent d'orienter son choix.
Une étiquette sans fioriture : un vin sérieux
De plus en plus, les viticulteurs apposent des mentions obligatoires (comme la contenance ou encore la teneur en alcool) sur la contre-étiquette plutôt que sur le devant de la bouteille. Cela leur permet de valoriser le côté esthétique de l'étiquette frontale, en la déchargeant au maximum des textes des mentions obligatoires. Ne vous laissez pas abuser par cette technique commerciale qui consiste à valoriser les visuels très étudiés. Une bouteille de vin à l'étiquette sobre n'enlève rien à la qualité du vin. «Généralement, une étiquette sans fioriture montre que ce n'est pas un cache misère, on peut même s'attendre à un vin sérieux, souligne le sommelier Damien Gateau. Cependant, dans le Languedoc, les viticulteurs ont des étiquettes originales pour un vin très correct.»
A l'indication «mis en bouteille» peuvent suivre les précisions suivantes : «dans la région de production», «au domaine» ou «à la propriété». La première signifie que des négociants ont mis en bouteille le vin en dehors de l'appellation. Pour le consommateur, cela n'est pas toujours un gage de qualité, mais il «est souvent utile de vérifier que le vin a été mis en bouteille à la propriété», conseille le sommelier Alain Rosier. En effet, si le vin a été «mis en bouteille au château, ou à la propriété ou encore au domaine», cela renforce l'identité du vin.
La teneur en alcool, exprimée en pourcentage, ne pourra en elle-même apporter de précision sur la nature du vin. La météo joue cependant un rôle important sur la qualité du raisin. Une saison chaude, comme la canicule de 2003, donnera un vin naturellement alcoolisé, sans avoir recours au procédé de la chaptalisation, c'est-à-dire à l'ajout de sucre pour augmenter le degré d'alcool. «L'alcool n'est pas un gage de qualité, tout est question d'équilibre. Un vin fortement alcoolisé pourra être écoeurant», estime Damien Gateau.
«La notion d'appellation n'est qu'une présomption de qualité», prévient le sommelier Alain Rosier. En effet, cette dénomination ne signifie pas qu'un vin est bon, elle précise seulement que les vignerons ont suivi un cahier des charges rigoureux.
Souvent, les étiquettes attirent le client en associant le vin à un château, ce dernier n'existe pas nécessairement... Certains viticulteurs jouent également avec les noms des appellations pour tromper les consommateurs. «Des bouteilles se nomment «Vieux-Pape» en clin d'œil au «Châteauneuf-du-pape», mais cela n'a rien à voir», met en garde Alain Rosier.
Attention à la mention «Grande cuvée»
Les mentions facultatives ont vocation à séduire le particulier. Si elles ne sont pas obligatoires, elles peuvent néanmoins apporter des indications précieuses à l'acheteur. Ce dernier devra alors posséder des connaissances pour les apprécier à leur juste valeur. Ainsi le millésime, interdit sur les étiquettes de vin de table, servira aux consommateurs qui ont des connaissances préalables. Il indique l'année où les raisins ont été vendangés. «Une bouteille de 2003 est un vin à boire tout de suite, à l'inverse 2004 est un vin plus tendu», précise Damien Gateau.
En France, si le cépage est indiqué sur l'étiquette, le vin est alors composé à 100% de ce type de vignes. Cependant, le goût varie en fonction de la situation géographique. «En Ardèche, le merlot est quasi pur, alors qu'il pourra subir l'influence méditerranéenne dans le Sud.» Actuellement, la tendance est au détail. Les contre-étiquettes indiquent de plus en plus d'informations aux consommateurs : les plats avec lequel le vin se marie le mieux, la température à laquelle le servir etc. Elles peuvent également signaler si le vin a été vieilli, si c'est un Premier cru ou encore un Grand cru. Certaines indications n'ont cependant aucune valeur. Ainsi méfiez-vous des mentions «Grande cuvée», «Cuvée prestige» ou encore «Grand vin de…». «Tout dépend des pratiques. Certains producteurs apposeront la mention ‘Vieilles vignes' alors qu'elles n'auront qu'une quinzaine d'années», poursuit Damien Gateau.
Et même pour des vins dont la dénomination est liée à une zone géographique précise comme le chablis, les sommeliers se disent prudents. «Sur dix bouteilles de chablis, je vous mets au défi d'en trouver dix qui se ressemblent», souligne Alain Rosier. De même, à proximité des 19 communes qui jouissent de ce nom, certains vignerons pourront produire un vin de qualité similaire mais qui ne bénéficiera pas de la réputation de la marque Chablis.
Source : Le Figaro / Guirec COMBERT