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Dernier ajout : 20/11
Tous les ans, les fâcheux prédisent la fin des foires aux vins : « elles ne sont plus ce qu'elles étaient... » pleurnichent-ils. Il est vrai qu'à leurs débuts, dans les années 80, à l'instigation des centres Leclerc, les foires aux vins pouvaient être comparées aux soldes. Les foires aux vins ont été un formidable outil de démocratisation. Elles ont durablement installé la grande distribution dans le commerce du vin puisqu'elle représente aujourd'hui près de 80 % de toutes les ventes. Leclerc, son instigateur, est maintenant numéro un de la vente des vins en France avec 18 % du marché, que ce soit en volume comme en valeur, et près de 230 millions de bouteilles vendues.
Le vin s'achète maintenant toute l'année dans la grande distribution. Les foires aux vins représentent toujours 25 % du chiffre d'affaires annuel et il n'existe aucun signe de régression. Certes, certaines enseignes stagnent alors que d'autres progressent, comme Système U, mais c'est la vie des affaires. Les grands magasins ne s'y sont pas trompés : Monoprix et les Galeries Lafayette sont arrivés tard, mais occupent aujourd'hui fermement le terrain.
La distribution du vin n'est pas figée même si les cavistes ont eu du mal à s'adapter à cette nouvelle donne qui, bien sûr, ne les arrange pas. La percée du commerce électronique via internet a dopé des commerçants traditionnels comme Millésima et a engendré l'apparition de sites spécifiquement dédiés au vin comme 1855, ChateauOnLine et autres Wineandco qui ont bien compris, eux aussi, l'importance des foires aux vins. Sans vraiment entamer la position de leader de la grande distribution.
Faut-il acheter son vin lors des foires aux vins devenues les vitrines de la grande distribution ? Les prix restent le principal point fort, surtout pour les grands et moins grands bordeaux qui représentent une petite moitié des ventes. La grande distribution est le principal acheteur des millésimes moins courus comme 2006 ou 2004. L'acheteur de 100 000 bouteilles obtient des conditions qui n'ont rien à voir avec l'acheteur d'une caisse de 12. D'ailleurs, les prix proposés dans les foires pour le millésime 2006 ont de quoi écSurer l'acheteur en primeur qui acquiert uniquement la sécurité d'approvisionnement.
Le deuxième grand avantage est la diversité du choix. C'est le moment ou jamais de grappiller une bouteille par-ci ou trois bouteilles par-là. Le même achat chez le producteur se verrait grever de décourageants frais de port ou d'une commission de 30 à 50 % chez un caviste qui ne peut rivaliser avec ce type de distribution. Reste la qualité du choix. La grande distribution s'est beaucoup professionnalisée. Toutes les enseignes se surveillent et proposent des prix la plupart du temps similaires. Chacune cherche à se diversifier en mettant en avant ses spécificités, mais il existe de bonnes bouteilles à peu près partout, de moins bonnes aussi.
Il ne faut surtout pas croire les différents « coups de cSur » des acheteurs qui fleurissent dans les catalogues. Leurs critères n'ont qu'un lointain rapport avec ceux du consommateur. Dès qu'un acheteur donne un conseil, il a en tête les volumes et la marge. Jamais, il ne conseillera un vin de grande qualité s'il dispose de peu de stock : ce ne serait pour lui que source d'ennuis. Egalement, il faut bien mettre en avant les vins de ceux qui jouent le jeu toute l'année et vendre certaines cuvées imposées pour obtenir des flacons prestigieux ou encore les vins de la famille. La vigilance est donc de mise.
Toutes les enseignes fonctionnent avec une sélection nationale : déclinée dans 100, 200 ou 300 magasins, elle est forcément de grand volume, ce qui ne préjuge en rien la qualité. Les vins de volume moindre se retrouvent dans une sélection régionale, voire dans un seul magasin comme Carrefour à la Porte d'Auteuil, à Paris, Leclerc à Quimper ou Auchan à Roncq (Nord).
Avant de se ruer dans ces temples de la consommation, il faut élaborer un plan de bataille. Fixez-vous deux ou trois vins à acheter dans une enseigne et n'écoutez personne, absolument personne pas même les soi-disant spécialistes que la grande distribution met aimablement à votre service. Si possible, achetez par six (par un ou deux pour les plus chers), dans les tous premiers jours des foires aux vins, voire la veille si c'est possible.
Source : Le Figaro