En ce moment : 256 vins
Dernier ajout : 20/11
Les sautes d’humeur du climat ont perturbé les vignes. Le ministère de l’Agriculture s’attend à une récolte encore plus faible que celle de 2007, estimée à 46 millions d’hectolitres.
Exit les genoux dans les vignes, à la recherche de l’or rouge et blanc sous la chaleur suffocante du mois d’août. Les viticulteurs prévoient des vendanges avec deux, voire trois semaines de retard. Ainsi, les saisonniers devraient pointer le bout de leur nez vers le 15 septembre au lieu de la traditionnelle fin août. La faute à qui ?
« Au climat, à un hiver trop doux », nous répond l’expert de la cave de Cairanne dans le Sud-Est, en charge de la viticulture des régions de Baumes de Venise, du Plan de Dieu, et de Vaison-la-Romaine. En effet, l’abondance des pluies aux mois d’avril et de mai, soit un taux de pluviométrie élevé, a interrompu la floraison des bourgeons des vignobles et donc perturbé la production viticole.
Mais ce n’est pas tout ! Le mauvais temps et les gelées du printemps ont favorisé l’apparition du mildiou, un champignon qui détruit les grappes de raisin. Une maladie, qui « depuis quarante ans n’a jamais été aussi importante », selon le même expert. Et le Val-de-Loire, la Charente, le Bordelais ont été touchés par ce champignon (responsable d’une baisse significative de la production) à différents degrés. L’impact inégal de cette maladie a épargné des régions comme le Sud-Est, qui avait anticipé le danger. En outre, d’après le ministère de l’Agriculture, la récolte de l’année 2008 serait inférieure de 10 % à la moyenne des cinq dernières années, sachant que la récolte 2007 est la plus faible enregistrée depuis 2000.
Mais, du point de vue des exploitants, les récoltes sont prématurées depuis l’été caniculaire de 2003. Par conséquent, ce retard indiquerait un retour à la normale. D’autant que la véraison (changement de couleur du grain de raisin) moins précoce permettrait une plus grande maturité et une meilleure qualité des grappes. Aussi, « pas de quoi s’alarmer », tempère Arnaud Chopin, un viticulteur bourguignon.
Les vins milieu et haut de gamme ne pâtiront pas d’une production moindre, car « il n’y a pas trop de concurrence et les amateurs de vin préfèrent dépenser plus pour un bon cru ». En revanche, des vins comme le beaujolais risquent d’en souffrir, plus axés sur la quantité que sur la qualité. D’ailleurs, la catégorie « autres vins, jus et moûts » accuse une baisse de 41 % sur la moyenne, au regard des études de l’Agreste. En définitive, tous s’accordent à dire que la récolte se « jouera » au mois de septembre, en espérant moins de froid et plus de soleil.
Source : France Soir